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« 3 billboards les panneaux de la vengeance », meilleur film de l’année?

Martin McDonagh après Bons baisers de Bruge, et Sept psychopathes signe son troisième long-métrage, 3 Billboards les panneaux de la vengeance, sorti au cinéma depuis le 17 janvier 2018.

Dans une petite ville américaine de l’Etat du Missouri, Ebbing, Mildred Hayes (Frances McDormand) mère divorcée, se bat pour retrouver le violeur et l’assassin de sa fille Angela.

Cela fait plusieurs mois que le drame est arrivé, pourtant aucune trace du ou des meurtriers, que fait la police ?

Le spectateur suit donc l’histoire de cette mère de famille qui fait tout pour qu’on puisse retrouver celui qui a commis cet acte ignoble. Après plusieurs mois d’enquête, voyant que l’affaire n’avance pas et que les policiers de la ville ne s’en préoccupe pas, elle décide d’agir et provoque Bill Willoughby chef de la police local, en louant trois panneaux publicitaires 4×3 et en y inscrivant sur fond rouge sang les mots :

« RAPED WHILE DYING »

« AND STILL NO ARRESTS? »

« HOW COME, CHIEF WILLOUGHBY »

Traduction : « Violée en agonisant, et toujours pas d’arrestations?, pourquoi chef Willoughby »

Il se trouve que ces panneaux se trouve sur le lieu du crime, là où l’on a retrouvé le corps calciné de la fille de Mildred. Toute la ville est au courant, il y a les partisans, ceux qui sont du côté de cette mère en deuil, et les autres, qui prennent le parti du chef Bill Willoughby (Woody Harrelson) qui lui n’a rien demandé, et se liguent contre cette femme en souffrance.

Tout au long du film c’est une femme forte à laquelle il ne faut pas chercher des noise – ceux qui s’y frottent s’y piquent ! – mais derrière cette robustesse se cache une femme brisée. Brisée par ce drame qu’elle tente de traverser, mais également par un passé douloureux avec un mari violent.

Que vaut le scénario ?

C’est un scénario d’une grande qualité, les rebondissements sont succulents, on ne s’ennuie pas et on ne s’attend pas vraiment aux actions qui se déroulent. Ce n’est définitivement pas un de ces films qui joue la carte des effets spéciaux et des têtes d’affiches qui ne nous surprennent plus depuis des décennies …

Ne vous y trompez pas – comme certains spectateurs ayant émis des réserves sur le scénario – l’intérêt du film n’est pas dans la résolution de l’enquête, le spectateur suit le parcours de cette femme dans sa tentative d’obtenir gain de cause mais c’est surtout et avant tout sa façon de gérer les choses, de fédérer ainsi que l’effet que cela peut avoir sur elle et son entourage qui est intéressant et pertinent.

Les personnages et leurs interprétations.

Le jeu d’acteur est parfait, aucun cheveux sur la soupe n’est à déclarer. Le scénario semble avoir été écrit pour Frances McDormand génialissime dans le rôle de Mildred, qui prend littéralement corps avec son personnage. Sa gouaille colle parfaitement au caractère du personnage. Et dire qu’elle a hésité à accepter ce rôle se trouvant « trop vieille » pour jouer le personnage.

Le chef, juste et fin. Même s’il est directement pris à parti par Mme Hayes, il reste calme, serein et tente de trouver une solution. Il sait pertinemment que les messages sur les panneaux ne lui sont que partiellement adressés, en tant que chef de la police, il se doit d’assumer, et il le fait parfaitement bien. A l’instar des trois panneaux publicitaires, il joue un rôle angulaire dans l’avancement du film et l’intéprétation de l’acteur – qui réussi à ne pas entrer dans le pur pathos malgré son état (je ne vous en dis pas plus)– est délicieux.

Jason Dixon (Sam Rockwell), beaucoup est beaucoup moins posé que son chef, il est la caricature du flic véreux. On regrettera que cette caricature dure un peu trop longtemps et soit un peu trop prononcée. L’acteur incarne malgré tout brillamment ce flic idiot, raciste, violent, qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Mais heureusement, le scénario saura rattraper ce petit bémol et le replacer dans un rôle plus à la hauteur du film.

Vous l’aurez compris, ce film est une petite pépite, il est drôle, caustique, triste, on passe d’une émotion à l’autre sans avoir le temps de souffler, on en redemanderait ! Je ne crois pas me tromper en vous disant qu’il sera sans doute l’un des meilleurs films de cette année 2018 à peine commencée, les récents prix obtenus semblent aller dans ce sens.

Actuellement en salles. Durée : 1h56.

Bande annonce :

Article disponible également sur vitav.fr 

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Axel Vair
Axel Vairhttps://www.legnousauvage.com
Passionné de littérature et d'informatique, je suis le créateur du Gnou Sauvage cela me permet de lier mes deux passions. Je tente de me rapprocher de la littérature tout en partageant mes tentatives via ce site internet. Je m'essaie à l'écriture d'articles sur divers sujets qui retiennent mon attention, je tiens également un journal d'auto-fiction, cela étant je me laisse aller là où la littérature me conduit.

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