Depuis quelques jours le glyphosate fait l’objet de dizaine d’articles et devient par la même occasion un  sujet de discorde entre les écolos et les lobbys. Qu’est-ce que c’est finalement le glyphosate et pourquoi en parler maintenant ?

C’est le principe actif du Roundup – célèbre désherbant de la très détestée société Monsanto – classé en 2015 par le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et l’organisation mondiale de la santé (OMS) comme « cancérogène probable »  Jusque dans les années 2000 ce principe actif était alors breveté, depuis des dizaines d’entreprises n’hésitent pas à l’utiliser, il existe près de 750 déclinaisons, ce qui en fait aujourd’hui le produit phytosanitaire le plus utilisé au monde avec « 800 000 tonnes épandues chaque année » source Le Monde. 

Face à ce constat, les décidants européens ont du mal à se décider s’il faut ou non ré-homologuer ce produit controversé. Il était question d’une réhomologation pour 15 années mais malgré la pression des lobbys de l’agrochimie les dirigeants européens se sont rangés pour une autorisation de 18 mois. Lundi 6 juin 2016, les États membres se sont réunis en comité technique pour un vote afin de décider du sort du plus célèbre des principes actifs. La France, qui s’était pourtant prononcer contre s’est finalement abstenue. Le contre l’a emporté, en effet « seulement » 52% des votes ont été favorables contre les 65% requis. Le glyphosate ne sera plus autorisé en Europe à partir du 30 juin de cette année.

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Ce débat n’est pas seulement un débat sur l’autorisation ou non d’une substance chimique parmi tant d’autres. Il s’agit d’un questionnement beaucoup plus large, quelle agriculture voulons-nous ? Une agriculture chimique sans conscience ni respect de la nature ou bien une agriculture réfléchie respectueuse de tout ce qui l’entoure. Les européens ne peuvent pas faire l’impasse, il faut choisir son camp. L’enjeu est trop important pour laisser les lobbys agrochimiques décider à notre place de l’avenir de notre planète et donc de notre santé. Sous prétexte économique notre santé est mise à mal.

Nous, jardiniers en herbe sommes concernés, n’utilisons plus de substances chimiques pour nos jardins, pour nos potagers, le XXIe siècle serait-il devenu le siècle de la perte de repères ?Depuis des millénaires nous cultivons, nous avons acquis une telle expérience qu’il nous est possible de nourrir la planète entière avec respect, pourtant rien n’est fait dans ce sens. Nous devons choyer nos terres, nous nous nourrissons d’elle et ne pouvons nous permettre de la détruire… aller vers le glyphosate c’est alors décider de tuer notre planète et tous les êtres qui s’y trouvent. Prenons nos responsabilités.

C’est également aux agriculteurs de se positionner. Je ne crois pas qu’on choisisse de devenir agriculteur par défaut, c’est avant tout une passion, un respect pour la nature. Je ne crois pas que l’on devienne agriculteur comme l’on devient vendeur par facilité ou par dépit (j’en parle ici). Comment serait-ce possible de détester cette Terre, celle qui rend possible tout ce que nous connaissons, celle qui nous fait vivre. Agriculteurs, vous vivez avec notre planète, travaillez avec elle, vous ne pouvez donc pas en âme et conscience choisir l’option glyphosate. Je suis conscient de la dureté de votre métier, je suis conscient que les enjeux économiques sont importants, qu’il est plus facile et plus rentable d’utiliser cet herbicide plutôt que de retourner la terre comme autrefois. Mais soyons conscients qu’utiliser le glyphosate ou tout autre produit chimique signifie dire oui au « non naturel » et finalement cela revient à dire oui à la destruction du bien commun, cela signifie tout simplement la mort de notre terre. Comment continuer en sachant cela à adopter une posture non-naturelle ? Positionnez-vous favorablement, positionnez-vous aux côtés de votre outil de travail et non contre celui-ci, il en va de notre survie à tous.

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