J’essuie les crachats dégoulinant sur mon visage et le sang ruisselant sur mes lèvres. Je sens l’odeur répugnante de la salive visqueuse émanant de cet homme repoussant. Mes sens se mettent en alerte, ainsi, le goût iodé de mon sang met mes papilles dans un tel état que les muscles de mon visage se raidissent, cela a pour effet l’expression d’une grimace moqueuse involontaire.

-Tu te fous de ma gueule sale pédé ?!

Une douleur abdominale me contraint à me plier sur moi-même. Les muscles de mes membres supérieurs usent du peu de force qu’ils leur restent pour se mouvoir afin de permettre à mes mains d’arriver le plus rapidement possible sur la zone atteinte afin d’y exercer une pression salvatrice.

Mon corps n’a plus assez d’énergie pour tenter quoi que ce soit d’autre. Je me retrouve à terre, sans plus pouvoir me déplacer ni même prononcer le moindre mot. Mes seules possibilités sont d’émettre des bruits hideux causés par différents fluides se mélangeant dans ma cavité buccale. Mon cerveau ne remonte plus que de vagues signaux de douleurs qui lui deviennent, à force, incompréhensibles. Pour la presque totalité de mes organes la situation est devenue critique. Mon cerveau du fait d’une détresse toujours plus grandissante et d’une douleur extrême n’arrive plus à traiter les informations correctement. Mon esprit lui-même n’est plus en état… je n’arrive plus à comprendre… je perds connaissance sans savoir ce qu’il m’arrive, sans savoir si je vais me réveiller.

J’avais perdu le fil du temps… Je me réveillais sans le moindre contrôle sur mon corps. Me mouvoir, qu’il s’agisse d’un orteil ou encore d’une paupière, était tout à coup devenu chimérique. Mes paupières demeuraient closes, toutes mes tentatives pour les entrouvrir étaient vaines. Je restais cloîtré dans un corps fermé dont je n’avais plus le contrôle. Au fil des heures mon esprit prenait pleinement conscience de ce qu’il m’arrivait, je commençais à paniquer, j’essayais de crier, je tentais de m’agiter, mais rien [•••]

Une vive douleur m’atteignit au bas de la nuque, c’est par cette douleur que tous mes souvenirs, par sorte de flashs discontinus, me revinrent. Je fis alors le lien entre ma situation actuelle et le crachat dégoulinant sur mon visage, je m’étais fait gravement tabasser. J’eus une soudaine envie d’hurler, de m’effondrer en larmes, de taper mon poing violemment contre un mur, mais rien, je n’avais pour moi que ces pensées et aucune manière de les extérioriser.

Je finis par me résigner à me laisser aller.

Mes tympans captèrent une bruit aigu et continu que j’entendis de moins en moins au fur et à mesure que mon esprit s’apaisait…

– Arrêt cardiaque, vite, le chariot de réa !


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