Elle s’est immiscée chez moi, qui est en fait chez elle. Je ne suis que de passage entre ces quatre murs. Ils dureront sans doute plus longtemps que moi, plus longtemps que mes neveux et nièces et peut-être même plus longtemps que mes enfants. Je ne suis que de passage, mais elle s’est introduite chez moi. Elle a forcer le passage, a tout scruté dans les moindres recoins. Elle n’est pas venue me souhaiter la bienvenue, je le ressens, j’ai peur.

Elle commence à aboyer contre moi et surtout contre mes chiennes. Elles auraient, alors que je n’étais pas entre ces quatre murs que j’aime tant et dans lesquels je me sens si bien, aboyé et dérangé le voisinage. Elle s’est introduite chez moi pour me montrer les crocs. Elle aboie. Elle me menace. Elle ne va pas jusqu’à me mordre, elle voit bien que je tente de calmer le jeu. Je recule. J’use d’une voix doucereuse. Je me soumets alors même qu’il s’agit de mon territoire ! J’ai marqué ce territoire. Je ne comprends pas pourquoi elle s’immisce, pourquoi tant de violence… Ne comprend t-elle pas les signes que je lui lance ? Je baisse la tête, les yeux rivés sur parquet vitrifié entre MES quatre murs chéris. Je ravale ma fierté, j’attends que cela se termine tout en espérant qu’elle ne m’attaquera pas.

Je suis gentil et craintif.

Je veux qu’elle s’en aille. Je ne veux pas qu’elle souille ces murs qui ont été à elle, dans lesquels je me sens si bien.

Ses murs sont les miens !?

Non.

Ces murs sont les miens !

Elle me fait comprendre qu’elle regrette.

Elle regrette de m’autoriser à marquer mon territoire entre ces quatre murs que j’aime tant. Ses petits l’avait prévenue ! Pas celui-ci ! Tu auras des soucis !

Je suis un animal docile, simplement hédoniste, pas revendicatif le moins du monde, je veux simplement vivre comme je l’entends. Avec les autres … pourquoi pas ? mais pour moi !

Le couperet tombe.

Elle me charge sans que je ne puisse rien y faire. Je suis désorienté, décontenancé. Je suis à terre, sans la force de me relever.

-« Qu’est-ce que ça vous apporte les animaux de toute façon?!! Quel intérêt? »

Naïf, je tente un baroud d’honneur, l’ultime réponse pour ma survie.

-« C’est un bonheur au quotidien, c’est un enfant qui ne grandit pas finalement, elles [mes chiennes] sont en soif d’apprendre et me donnent un amour incommensurable chaque jour ! Si vous saviez… »

Non, bien-sûr que non, elle ne sait pas ! Pourquoi ai-je répondu de la sorte ?! Pourquoi ponctuer ma phrase de ce « Si vous saviez… »?

-« AH AH AH AH AH AH AH ! Des enfants AH AH AH AH ! »

Je suis à terre. Je ne puis plus rien faire. Le désespoir m’envahit, je sens la vie me quitter.

-« Soit vous vous en débarrassez, soit vous partez ! »

 

 

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Passionné de littérature et d'informatique, je suis le créateur du Gnou Sauvage cela me permet de lier mes deux passions. Je tente de me rapprocher de la littérature tout en partageant mes tentatives via ce site internet. Je m'essaie à l'écriture d'articles sur divers sujets qui retiennent mon attention, je tiens également un journal d'auto-fiction, cela étant je me laisse aller là où la littérature me conduit.

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