À l’occasion de la dernière journée de représentations du cirque d’hiver Bouglione les militants du collectif citoyen Défendre les animaux au Mans ont le dimanche 11 février 2018 manifesté devant le chapiteau, place des Jacobins, avant chaque début de séance.

C’est avec les slogans : « Liberté pour les animaux, justice pour les animaux » scandés de vive voix et par mégaphone que les militants soucieux des conditions de vies des animaux sauvages dans les cirques ont attiré l’attention du public de plus en plus sensible à cette cause. Plus que de militer pour de meilleures conditions de vies, ils agissent afin que les animaux (sauvages ou non) ne fassent plus les choux gras d’entreprises de spectacles. En effet, ils ne cessent de le répéter, ils ne manifestent « pas contre le cirque mais contre les cirques avec animaux » comme on peut le lire sur le site Le Maine Libre dans une interview de la porte-parole du groupe, Sophie Brière, lors d’une action contre un cirque en octobre de l’année dernière.

André Joseph Bouglione, un des membres de la famille, a décidé de retirer les animaux de son cirque, le Cirque Joseph Bouglione. Le cirque d’hiver Bouglione ne partage pas cette décision : « Comme des millions de propriétaires d’animaux, ils [le cirque et la famille Bouglione – NDLR], les aiment et font attention à eux », ont déclaré les propriétaires dans un communiqué en mai 2017Mais pour les militants, l’argument ne semble pas valable. L’avilissement d’animaux sauvages semble être antinomique avec leur vision de l’amour des animaux.

L’avenir nous dira si le cirque d’hiver Bouglione « osera faire demi-tour » avec les animaux à l’instar de leur cousin. Pour l’heure, il semblerait que le public ait déjà pris position, il n’y a qu’à observer les gradins quasi vides du cirque Bouglione au Mans ce week-end pour s’en convaincre. Les militants de divers groupes et associations tiennent bon et organisent des manifestations un peu partout en France pour sensibiliser le public et les dirigeants des cirques qui utilisent encore des animaux sauvages.

Article disponible également sur Vitav.fr

Article mis à jour le 13 février 2018 : précision sur les actions du collectif.

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2 Commentaires

  1. Bonsoir. Je réagis à votre article pour 2 raisons. Dans un 1er temps, je tenais à rectifier un point. J’étais moi même au cirque avec mon fils le dimanche à 14h. En ce qui concerne notre séance les gradins n’étaient absolument pas vides bien au contraire. Le chapiteau était quasiment complet.

    Je me pose des questions quant aux mouvements de protection des animaux. Je ne viens pas pour faire polémique mais dans le but d’un réel questionnement.

    Concernant les animaux dans les cirques ou dans les zoos; ces animaux naissent en captivité, pensez vous qu’il soit judicieux de les relâcher dans la nature du jour au lendemain ? Dans un environnement qu’ils ne connaissent pas, pour se nourrir … ? Après la séance, nous sommes allés visiter les « coulisses ». Nous avons vu dans quel environnement évoluent les animaux. Des parcs sont aménagés avec de la paille au sol, des troncs d’arbres, … La nourriture semble adaptée à leurs besoins et en quantité. Il y a une réelle volonté de soigner leurs bêtes. Que reprochez vous aux cirques si ce n’est la captivité qui les protègent de leur milieu naturel hostile ?

    En ce qui concerne les zoos, ils reussissent à maintenir, protéger des espèces en voies de disparition. Je ne comprends donc pas les polémiques autour des zoos qui protègent les espèces.

    Merci d’avance pour les réponses à mes interrogations.

    • Bonjour Lou, merci pour votre commentaire.

      Avant toute chose, sachez que mes tentatives de réponses à vos questions sont faites en mon nom, je ne suis pas la porte-voix d’une association ou d’un collectif, je suis un simple citoyen qui s’intéresse à la question. Il n’est pas certain que les membres du collectif cité dans l’article répondent la même chose que moi.

      Concernant le chapiteau vide, il suffit de se rendre régulièrement dans les cirques, de discuter avec les dirigeants, les employés pour après seulement quelques minutes entendre que ce n’est plus ce que c’était. Ce n’est plus l’âge d’or du cirque. Comme dans beaucoup de domaines, les temps sont durs alors on fait tout pour rentabiliser, on baisse les frais, les conditions se dégradent pour les animaux et les employés…

      Pour votre question sur les animaux nés en captivité… encore une fois je réponds en mon nom et avec ce que je sais. Il ne s’agit pas me semble-t-il de remettre dans la nature des animaux nés en captivité, ils ne survivraient pas, justement parce qu’ils n’ont pas été élevés dans ce milieu. Il s’agit simplement d’arrêter les élevages, que ce soit pour les zoos ou les cirques.
      Que fait-on des animaux si l’on interdit leur possession dans les cirques et zoos ? On les mets en « retraite » dans des endroits qui existent (des sanctuaires) et qui ne sont pas là pour engendrer de l’argent mais qui ont été créés pour s’assurer de leur bien-être par des gens qui connaissent vraiment leurs besoins.

      Ayant visité plusieurs coulisses, m’étant renseigné, je vous affirme que ces animaux ne sont pas bien où ils sont. On peut avoir toute la volonté du monde, arracher de son milieu naturel un animal pour l’utiliser, le « dresser » à faire des acrobaties ce n’est pas tout faire pour que l’animal se sente bien mais c’est tout faire pour engendrer de l’argent.
      Deux tentes, trois brins de pailles sur du goudron sur 80m2 c’est ça les conditions optimales pour des éléphants ? Non, c’est une espèce qui vit en groupe. De même pour toutes les autres espèces. Les trimbaler de ville en ville, dans le brouhaha et le chaos, sans eau durant les transports est-ce considérer l’animal ? Par ailleurs est-ce naturel pour un tigre de faire rouler son compagnon dans une roue ? Est-ce naturel pour un éléphant – qui se fait piquer tout le long du spectacle par le « dresseur » – de se mettre sur deux pattes? etc

      La sémantique joue beaucoup, remarquez que je n’utilise jamais le mot « dressage » ni « bête ». Lisez le « Dialogues des bêtes » de Colette. Respecter les autres c’est aussi utiliser un langage approprié. Le mot « bêtes » pour désigner les animaux est parfait, il enlève toute possibilité aux animaux de se rapprocher de nous, êtres sensibles et intelligents. D’ou mon conseil de lecture de Colette qui rétablie bien les choses avec beaucoup de talent !

      Vous dites « le milieu naturel hostile » mais hostile à cause de qui? de l’homme qui braconne, qui tue pour… de l’argent, pour des cirques également (voir comment les cirques entre en possession d’éléphants). Le milieu naturel hostile des animaux que vous décrivez est avant tout leur milieu naturel. L’argent ne manque pas pour sauvegarder réellement les espèces animales, seulement la volonté, les zoos ne sont pas nécessaires si l’argent utilisé à leur construction, entretien était utilisé dans une optique de sauvegarde, sans parler des politiques qui pourraient être mises en place.

      J’espère avoir répondu à vos questions.

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